les artistes

Christine Valcke


D'une faufilure sombre, Christine Valcke festonne des carrefours, bordes de nues, brigande quelques verticales, effiloche des pans. Trieuse des clartés, l'artiste, au besoin, écorche des ciels déchus. Elle les pend par des cheveux. Des trames voilent l'horizon, des lignes de labours célestes détrempent leurs plis dans des outres de brouillard quasi métaphysique. Ce n'est ni charmant, ni insolent, mais profond, subtil et sans bravade en un caban de ténèbres.

La noirceur vient en pécheresse exténuée s'agenouiller dans le blanc. Des brides de chevaux invisibles se mettent en croix. Mais on ne peut parler de tristesse. Des steppes sombres de l'hiver surgissent des épingles noires. Elles font des grâces à la blancheur par quelques malices.

Mais l'éternité provisoire s'impose comme unique vérité. La monteuse de crépuscule y recompose son ode à la vie aux claires-voies de ses mains votives, philosophales, émotives.

Jean-Paul Gavard-Perret